Des mots non arabes dans le Coran !

Publié le par Kader

Il y a, certainement, une grande différence entre la façon dont les Musulmans voient le Christianisme et la façon dont les Chrétiens voient l'Islam. .

Par contraste, les Chrétiens sont faces à un choix :

Soit l'Islam est la vraie religion qui annule les autres révélations antérieures, ce qui mettrait le christianisme dans de mauvaises postures ou bien simplement considérer que l'Islam est un gros mensonge et doit être combattu totalement par des critiques pour tenter de discréditer tout élément de l'Islam qui justifie son message.

Les attaques des Chrétiens contre l'Islam datent du temps des Croisades au cours desquelles la "culture chrétienne" a trouvé son premier sentiment d'identité face à l’Islam. Cette identité était définie comme étant fondamentalement hostile à l'Islam.

Cette différence d’identité a pour conséquence que la critique des Musulmans vis-à-vis de cette culture se concentre exclusivement sur les aspects du Christianisme qui sont considérés comme étant des déformations des enseignements de Jésus

La situation est encore plus difficile pour les Chrétiens surtout ceux qui croient à la Trinité à cause de la doctrine du salut. Pour eux, c'est principalement la croyance en l'incarnation de Dieu dans un homme qui leur garantira le salut, cette notion revient à mettre en doute cette doctrine chrétienne.

Cependant, le niveau d'ignorance par rapport à l'Islam continue d'étonner et cette ignorance est en partie due à la persistance de la réaction du Christianisme contre l'Islam - de mentir à son propos.

Ces mensonges ne tiennent plus bien sûr, bien que certains Chrétiens les utilisent encore, les accusations préconçue formulent par exemple :

Que les Musulmans adorent Al-Lout (un dieu de la lune de la période pré-islamique païenne). !

Que l'utilisation du titre honorifique "Nous" dans le Coran implique une pluralité ou trinité de Dieu !

Que des mots non arabes existent dans le Coran !

Que les Musulmans vivent dans une promiscuité sexuelle !

Que le prophète Mohammed (SAWS) était l'idole principale qu'ils adoraient. !

Les allégations faites aujourd'hui pour essayer de discréditer l'Islam, se focalisent sur un certain nombre d'aspects, et aucunes ne résistent à un examen sérieux.

Qui n’a pas entendu les propos du Vatican et les insinuations contre l’Islam

Qui n’a pas lu les écrits des chercheurs occidentaux dont l’intégrité est souvent soupçonnée, pour en faire une référence

Qui n’a pas vu un livre avec tel «expert en Islam» ou tel «prêtre spécialiste du monde Musulman» qui dans la plupart du temps sont plus animés par des motivations pernicieuses, et derrière un propos très général ils ne s’intéressent plus spécifiquement qu’à la manière d’étudier et de défigurer la réalité de l’islam.

Avec un tel constat nous ne sommes pas sortis des Croisades, car la mission certains chercheurs occidentaux n’est à leurs yeux, qu’un support pour la dé islamisation et la tentative de discréditer cette religion pour bien endoctriné ou plutôt bien influencer, et surtout que ces chercheurs n’hésitent nullement à ignorer le profond respect pour’ « l’identité de l’Autre » ils ont donc adopté une démarche très critique à l’égard de l’Islam et selon leurs études tout ce qui ’est musulman est nécessairement erreur quand il s’agit de théorie ou mal s’il s’agit de pratique.

Pour nous les musulmans, Il reste toujours à se demander si tous ces penseurs de l’Eglise connaissent bien le dogme de la chrétienté et sont en mesure de pouvoir répondre aux questionnements des croyants chrétiens quant à certaines obscurités dans la doctrine chrétienne par exemple des années cachées du Christ pendant plus de 18 Années ou encore les activités de Jésus après la Résurrection. Certainement pas ?

Cependant, je pourrai dire que ces prêtres bien pensants et détenteur de vérité ne peuvent en aucun cas s’améliorer en aveugle, en menteur, en ignorant. La pire des choses est de se mentir à soi-même !

Ce mensonge et cette haine ont évolué. Pendant longtemps ce fut une spécialité de l’extrême droite qui visait les «Musulmans». Puis ce discours a été repris et modifié, pour être plus amplifié dans les attaques des anti Islam.

Ainsi il a été reproché que le Coran contient des mots non arabes, cette objection revient souvent sous la plume de certains chercheurs qui propagent actuellement leurs études en cherchant à mettre en doute l'authenticité du texte coranique par la présence de mots d'origine non-arabe :

"qintâr" (Coran 3/14), d'origine byzantine ;

"surâdiq" Coran (75/51), d'origine abyssinienne ;

"sundus" (Coran 18/31), d'origine persane ; etc.

Or, disent ces missionnaire chrétien : le Coran se prétend lui-même être "en arabe pur" La conclusion s'impose donc : "Ces mots non-arabes ont été rajoutés au texte originel, qui était "en arabe pur", lors de la conquête de territoires perses et byzantins par les Arabes, après la mort du Prophète."

Ce raisonnement est cependant très discutable. Il est même étonnant venant missionnaires chrétiens, réputés pour leur rigueur dans la recherche.

Nous nous référons à la sourate suivant

Et Nous savons parfaitement qu'ils disent : "Ce n'est qu'un être humain qui lui enseigne (le Coran)". Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère [non arabe], et celle-ci est une langue arabe bien claire. (Coran, 16 : 103)

Pour constater que toutes les sourates coraniques auxquelles il a été fait allusion (Coran 12/2 ; 39/28 ; 42/7 ; 43/3) ne disent pas que le Coran serait "en arabe pur" mais "en arabe clair" ("lisânin 'arabiyyin mubîn").

La différence est de taille. Et le changement de terme est étonnant venant de soi disant spécialistes, sensés faire la différence quant on sait que "pur" se dit "mah'dh" en arabe, et non "mubîn"...

L’emprunt est un phénomène à la fois linguistique et historique. Linguistique, car l’échange se fait au niveau du langage, et historique, car il est motivé par le contact entre deux communautés et que ces mots, certes d'origine non-arabe, faisait déjà partie de la langue arabe avant la période de la révélation du Coran, lequel demeure donc bien un texte intégralement "en langue arabe".

Dans la tradition islamique, les premiers exégètes ont relevé sans difficulté la présence de mots étrangers mais faisaient déjà partie du vocabulaire de la langue arabe avant la venue de l'islam Ils les voyaient comme un témoignage des contacts du Ḥiğaz avec son environnement culturel. Il en est de même pour les premiers grammairiens, qui en ont parlé sans mal parce qu’ils reconnaissaient leur existence bien avant l’islam.

C'est ce qu'ont écrit depuis fort longtemps déjà des savants musulmans tels que Abû Ubayd al-Qâsim ibn Salâm et Ibn ul-Jawzî (Al-Itqân fî 'ulûm il-qur'ân, as-Suyûtî,: Les mots d'origine non-arabe dans le Coran).

Qu'y a-t-il d'étonnant à l'assimilation, par la langue arabe, de mots de langues étrangères, quand on sait qu'avant la venue de l'islam, les Arabes étaient, de par leur commerce caravanier, en contact depuis longtemps déjà avec les populations voisines (Perses, Byzantins, Abyssiniens, etc.) ; et qu'emprunts et assimilations de mots étrangers sont phénomènes on ne peut plus courants dans l'histoire des langues

L’emprunt est un phénomène à la fois linguistique et historique. Linguistique, car l’échange se fait au niveau du langage, et historique, car il est motivé par le contact entre deux communautés.

Dans la tradition islamique, les premiers exégètes ont relevé sans difficulté la présence de mots étrangers. Ils les voyaient comme un témoignage des contacts du Ḥiğaz avec son environnement culturel. Il en est de même pour les premiers grammairiens, qui en ont parlé sans mal parce qu’ils reconnaissaient leur existence bien avant l’islam.

Mais quand les différentes écoles religieuses furent établies ces considérations furent contestées. Al-Šafiˁī (m. 820), le représentant de ce courant, affirmait que le Coran était arabe, écrit en langue arabe claire5, comme le stipule le Coran lui-même6. Un débat s’est installé autour de la langue du Coran, en plaçant les emprunts au cœur des discussions. Al-Suyūṭī (1445-1505) a adopté une position qui concilie les deux parties.

Selon lui, les philologues ont raison de souligner la présence de mots étrangers dans le Coran, en ce qui concerne la racine, et ces mots sont perses, syriens, abyssins, hébreux, etc. Quant aux théologiens, ils auraient également raison car si ces mots ont été intégrés à la langue arabe, c’est qu’ils sont arabes. Son traité al-Mutawakkilī7, le plus complet, prouve qu’il s’est entièrement affranchi de ces querelles8, puisqu’il est le premier à adopter une classification des emprunts par langues d’origines.

Al-Šafi affirmait que le Coran était arabe, écrit en langue arabe claire , comme le stipule le Coran lui-même. Un débat s’est installé autour de la langue du Coran, en plaçant les emprunts au cœur des discussions.

Selon Al-Suyūṭī, les philologues ont raison de souligner la présence de mots étrangers dans le Coran, en ce qui concerne la racine, et ces mots sont perses, syriens, abyssins, hébreux, etc.

Quant aux théologiens, ils auraient également raison car si ces mots ont été intégrés à la langue arabe, c’est qu’ils sont arabes.

Son traité al-Mutawakkilī, le plus complet, prouve qu’il s’est entièrement affranchi de ces querelles, puisqu’il est le premier à adopter une classification des emprunts par langues d’origines.

En conclusion il est à noter qu’un bon nombre d’emprunts ont été identifiés à tort par ces essayistes et polémistes , car leur caractère autochtone n’est maintenant plus à prouver. Certains sont en fait des développements propres à l’arabe. Il s’agit par exemple du mot kāhin « devin » figure du monde préislamique.

Ainsi, les mots d'origines non arabe du Coran n'infirment en aucune manière la pureté du style coranique qui est clair, mais sont des mots incorporés au fil du temps dans cette langue et deviennent "partie intégrante" de la langue, ce qui maintient le statut de Arabe Clairarabiyin mubîn. Tout en sachant que tous ces mots non arabes avaient déjà été acceptés comme faisant partie de la langue arabe avant la révélation coranique.

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