Ashab Al Kahf (Les gens de la caverne)

Publié le par Kader

 
La cause de la révélation du récit des Gens de la Caverne est que les Qurayshites de la Mecque, désemparés face à la prédication de Muhammad dans leur cité, le conseil des nobles de la Mecque décidèrent d’envoyer deux émissaires à Médine,, auprès des rabbins de la communauté juive, ce qui prouve encore une fois qu’à l’époque du Prophète Mohamed, il n’y a avait aucune communauté Juive ou chrétienne à la Mecque.  
an-Nadhr ibn ul-Hârith est d'abord mentionné comme étant parmi les leaders de Quraysh détenant le Conseil à faire face à Muhammad. Lors d’une réunion, il avait traité les nobles de la Mecque de l'exagération (polémique) en disant:
O Quraysh, une situation a surgi que vous ne pouvez pas traiter. Muhammad était un jeune homme le plus aimé parmi vous, plus véridique dans la parole, et le plus digne de confiance, jusqu'à ce que, quand vous avez vu les cheveux gris sur sa tempe, et il vous a apporté son message,
Vous avez dit qu'il était un sorcier, mais il est pas, pour nous avons vu ces gens et leur cracher et de leurs noeuds;
Vous avez dit, un devin, mais nous avons vu ces gens et leur comportement, et nous avons entendu leurs rimes; et vous avez dit un poète, mais il est pas un poète, car nous avons entendu toutes sortes de poésie;
Vous avez dit qu'il était possédé, mais il est pas, car nous avons vu des possédés, et il ne montre aucun signe de leur respiration haletante et chuchotements et le délire. Ye hommes de Quraysh, se tournent vers vos affaires, par Dieu, une chose sérieuse a vous arrivé. il avait l' habitude d'insulter l'apôtre et lui montrer l' inimitié. et puis il concluait: «En quoi est Muhammad un meilleur conteur que moi?
 'Uqba ibn Abî Mu'ayt, On ne dit pas grand-chose sur cette personne, autre que celui qu'il est allé à Médine avec al-Nadr b. al-Harith pour trouver des questions difficiles à poser à Muhammad afin de le tester s'il était un véritable prophète.
Les juifs étant perçus par les Qurayshites comme étant les "gens de la Première Ecriture religieuse", les deux hommes avaient pour mission de leur décrire Muhammad et son comportement, afin de leur demander s'il pouvait réellement être un messager de Dieu.
Lorsque Al-Nadr dit aux rabbins
«Vous êtes le peuple de la Thora, car vous êtes les premiers des Écritures et avoir des connaissances que nous ne possédons pas avec les prophètes alors nous en sommes venus à vous afin que vous pouvez nous dire comment faire face à la révélation du Prophète Mohamed.»
Les rabbins précisèrent aux émissaires de Quraysh que si le Prophète répondait à toutes les questions, il s’agirait alors d’un imposteur. En revanche, s’il répondait à deux questions et laissait la troisième à la science d’Allah uniquement, il s’agirait alors bel et bien de l’Envoyé d’Allah sans aucun doute possible.
Les Juifs savaient pertinemment de par leurs Écritures que Muhammad était un Prophète. Abdullah ibn Salam` par exemple, était l’un des chefs des Juifs. Il était un érudit. Il dit : « Lorsque le Prophète arriva à Médine, à la vue de son visage, j’attestai : “Il n’y a de divinité sinon Allâh. ! Par Allâh, ce visage n’est point celui d’un imposteur !” »
Chers frères, tout se voit, la véridicité se voit dans les yeux, et l’imposteur ne peut guère cacher son jeu, même s’il feint la dévotion. C’est pourquoi notre Seigneur dit à propos des pieux : « ils portent leur marque sur le visage, à cause de la prosternation ». Il dit également à propos des criminels : « on reconnaît les criminels à leurs marques ». Rien ne se cache, tout se voit... Notre Seigneur dit : « Et tu les reconnaîtrais très certainement au ton de leur parler. » 
Les Juifs leur dirent donc de poser trois questions concernant un groupe de gens dans le passé, un homme ayant parcouru la terre du levant au couchant, et ce qu’est l’esprit. S’il répond aux trois questions, il est un imposteur. S’il répond à deux questions seulement et laisse la troisième à la science divine, il est un Envoyé d’Allâh !
«Demandez-lui de trois choses dont nous allons vous instruire; s'il vous donne la bonne réponse alors il est un authentique prophète, mais s'il ne le fait pas, alors l'homme est un voyou, donc former votre propre opinion sur lui.
Demandez-lui ce qui est arrivé aux jeunes hommes qui ont disparu dans les temps anciens, car ils ont une histoire merveilleuse ?
Demandez-lui le puissant voyageur qui a atteint les limites de l'Est et de l’Ouest ?
Demandez-lui ce qu’est l'esprit ?
S'il ne peut vous donner la réponse, alors il est un faussaire et traitez- le comme vous voudrez.
Ils revinrent à la Mecque munis de questions à poser à Muhammad :
Les rabbins leur avaient dit : "S'il répond à ces questions, c'est un prophète, un messager de Dieu ; sinon c'est un imposteur".
Une délégation qurayshite se rendit alors auprès du Prophète et lui posa les questions, pensant le soumettre à rude épreuve. Mais comme c’est une affaire de révélation, et que les réponses proviennent de la science d’Allâh, il n’y a là aucune difficulté.
 Ils posèrent les questions au Propète qui leur répondit : 
« Je vous répondrai demain. »
Mais il oublia de conditionner le tout par la volonté de Dieu en disant « in shâ’a Allâh ».
Par parenthèse, lorsqu’on questionna le Prophète sur ce genre d’oubli, il répondit : « Je n’oublie point mais on me fait oublier, afin d’établir une jurisprudence ! » 
C’est-à-dire qu’en réalité, pour des visées pédagogiques, Allâh le rendait sujet à l’oubli afin que les gens sachent quoi faire ou quoi dire en cas d’oubli !
Allah ne communiqua alors aucune réponse, et plusieurs jours passèrent sans que le Prophète puisse tenir sa promesse. Les Mecquois exultaient, tandis que le Prophète était abattu.
Quraysh ont attendu quinze jours en disant: «Muhammad nous a promis une réponse sur la demain, et est aujourd'hui le quinzième jour, nous sommes restés sans réponse.
Ce retard a causé une grande douleur de chagrin au prophète, jusqu'à ce que l’Ange Jibril lui apporta le chapitre de la grotte, dans laquelle il lui reproche sa tristesse, et lui a dit les réponses à leurs questions, les jeunes, le puissant voyageur, et l'esprit.  
Se fondant sur ce récit, Ibn Kathîr écrit que si l'histoire des Gens de la Caverne avait eu lieu, comme le disent certains, chez des chrétiens, les rabbins de Yathrib ne lui auraient porté aucun intérêt particulier, puisque les juifs ne croient pas en le caractère de messager de Jésus ; l'histoire des Gens de la Caverne a donc eu lieu parmi les juifs, et ce avant la venue de Jésus 
En fait, poursuit as-Syôhârwî, il semble qu'en réalité les rabbins de Yathrib n'aient formulé que deux questions, celle à propos de l'âme et celle à propos de l'homme qui régna de l'orient à l'occident ;
Pour ce qui est de la question relative aux jeunes hommes endormis, les Quraysh ont dû l'entendre lors de leurs voyages commerciaux en Syrie et l'avoir ajoutée d'eux-mêmes. Mais étant donné qu'ils ont posé trois questions au Prophète après avoir consulté des juifs de Yathrib, un transmetteur a pensé que ces derniers étaient à l'origine des trois, alors qu'en réalité l'une d'elles provenait des Qurayshites eux-mêmes.
As-Syôhârwî souligne qu'une lecture attentive de la formulation des versets coraniques laisse entrapercevoir une subtile distinction : on lit d'une part :
"Ils te questionnent au sujet de l'âme. Dis : …" (Coran 17/85)
"Ils te questionnent au sujet de Dhu-l-qarnayn. Dis : …" (Coran 18/83) ;
Par contre, au sujet des Dormants, le passage commence par :
 "Avais-tu pensé que les gens de la Caverne et de Raqîm constituent chose étonnante parmi Nos Signes ?" (Coran 18/9).
Voyez, dit as-Syôhârwî, la différence entre les deux formulations : pour les deux premiers points, le fait qu'ils relèvent d'une question a dûment été mis en exergue, parce que, au delà des seuls Quraysh qui les ont posées au Prophète, la réponse s'adresse aussi aux rabbins de Yathrib, les véritables auteurs des questions ; d'ailleurs le pronom personnel sujet de "Ils te questionnent" les représente ; par contre, pour le troisième point, la question posée par les Quraysh n'avait pas pour origine ces rabbins, et il n'a donc pas été dit : "Ils te questionnent au sujet de...".  

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