La Dormition de la Vierge Marie Mère de Dieu !

Publié le par Kader

Le Transitus Sanctae Mariae Il s’agit donc d’un écrit non canonique daté par les historiens du cinquième siècle, mais dont la source pourrait appartenir au courant judéo-chrétien de la fin du deuxième siècle. C’est le récit le plus reculé sur la Dormition et le passage à la vie céleste de la Vierge Marie. Il est probablement contemporain du pèlerinage à son tombeau à Jérusalem puis à l'origine de la fête de la Dormition ou Assomption adoptée par les liturgies au sixième siècle.

Le terme Dormition exprime la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle ; on parle parfois aussi de dormition pour les saints morts sans martyre. L'écrivain Joris-Karl Huysmans explique dans son roman l'Oblat :
«  La Vierge ne mourut, ni de vieillesse, ni de maladie ; elle fut emportée par la véhémence du pur amour ; et son visage fut si calme, si rayonnant, si heureux, qu'on appela son trépas la dormition.  »
On y rapporte la mort de la Vierge Marie à Jérusalem, le rassemblement des Apôtres autour d'elle, son désir de quitter la terre pour rejoindre son Fils, ses funérailles solennelles, puis la venue du Christ pour la ramener à la vie et l'emporter au ciel. On remarquera la mention des Apôtres comme témoins du fait. L'existence et la diffusion de ces textes sont un indice, qui atteste une croyance répandue dans le peuple chrétien à une époque ancienne. 
L’évènement de la mort de la Mère de Dieu ne se trouve pas dans le Nouveau Testament et ces récits sont légendaires, mais on ne peut exclure a priori qu’ils remontent à une tradition orale primitive sur une fin glorieuse de Marie.
Ils ne constituent cependant pas la raison principale de la croyance en la destinée de la Vierge après sa mort, car il faut également noter qu’il n’a jamais existé aucune relique corporelle de Marie (à la différence des martyrs et des saints). Ce sont les Pères et les orateurs byzantins qui vont établir le sens théologique de la mort de Marie et exprimer la foi de l’Eglise.
D'après la tradition de l'Eglise de Jérusalem, en effet, c'est là que le corps de la Vierge Marie aurait été enseveli, avant d'être emporté au ciel. C'est devant le monument qui passait pour le « tombeau de la Vierge », désormais vide, que l’on peut dire que le corps immaculé de Marie a été soumis à la mort.
Il est dit que le corps de Marie a été préservé de la corruption : au départ de cette vie, il a été gardé sans décomposition et placé dans une demeure meilleure et plus divine, hors des atteintes de la mort et capable de durer pour l’éternité. Son départ n’est pas une mort, mais une dormition, un passage, ou plus proprement une entrée dans la demeure de Dieu. Sortant du domaine du corps, Marie entre dans une condition meilleure.
Voici quelques extraits du Transitus Sanctae Mariae   (écrit  apocryphe):
(…..) Et le Saint-Esprit dit aux apôtres : « Pierre de Rome, Paul des bords du Tibre, Thomas du centre de l'Inde, Jacques de Jérusalem, tous arrivés en même temps sur des nuées depuis les extrémités de la terre, soyez réunis dans la sainte Bethléem, à cause de la mère de notre Seigneur Jésus-Christ qui est profondément bouleversée.»
André, le frère de Pierre, Philippe, Luc, Simon le Cananéen et Thaddée, qui étaient déjà endormis, furent réveillés de leurs tombeaux par le Saint-Esprit… Marc, qui était encore vivant, vint de même, lui aussi, d'Alexandrie, avec les autres, qui, ainsi qu'il a été dit, arrivaient de chaque région. Pierre, soulevé par une nuée, resta entre ciel et terre, soutenu par le Saint-Esprit, ensemble avec les autres apôtres, qui eux aussi avaient été enlevés sur des nuées, pour se retrouver avec Pierre.
Et ainsi, par le Saint-Esprit, comme il a été dit, tous ensemble, ils arrivèrent. Pierre dit aux autres apôtres :
«Que chacun raconte à la mère de notre Seigneur ce que le Saint-Esprit nous a annoncé et ordonné. »…
Les apôtres dirent tout à la sainte Mère de Dieu, comment et de quelle manière ils étaient arrivés. Ensuite, elle étendit les mains vers le ciel et pria en disant :
« J'adore, je loue et je glorifie ton célèbre nom, ô Seigneur, car tu as posé les yeux sur ton humble servante, et toi, le Puissant, tu as fait pour moi de grandes choses. Et voilà que toutes les générations m'appelleront Bienheureuse. »…
(……) Les apôtres portèrent la bière et déposèrent le précieux et saint corps à Gethsémani, dans un tombeau neuf. Et voici qu'un parfum délicat se dégagea du saint tombeau de notre Maîtresse, la Mère de Dieu.
Et, pendant trois jours, on entendit des voix d'anges invisibles qui glorifiaient le Christ, notre Dieu, né d'elle. Et, le troisième jour achevé, on n'entendit plus les voix. Dès lors, nous sûmes tous que son corps irréprochable et précieux avait été transféré au paradis.
Conclusion, L'historicité de l'événement explique qu'il ait été relaté par des hommes assez portés dans la Superstitions et les miracles chrétiens.  
Cette croyance prit son essor après la proclamation dogmatique du concile d’Ephèse (431), selon laquelle Marie est réellement la Theotokos (Mère de Dieu) pour avoir mis au monde le Verbe incarné, le Dieu fait chair.

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