Ibn Rochd et le dialogue civilisationne1

Publié le par Kader

Il n'en reste pas moins vrai que la philosophie qui cherche à théoriser la connaissance ne peut être compatible avec la pratique de l'Islam qui est la religion de la révélation, et donc de la connaissance

Les propos d'Ibn Rochd, en tant que Musulman, ne pouvaient être accepté car la foi dans la révélation est une condition essentielle à la foi dans le Coran qui est la base de la religion.

Réhabiliter la philosophie après qu'elle ait été condamnée par Al Ghazaly ne pouvait entraîner logiquement que la réaction des Ulémas à son encontre.

ACCORD DE LA RELIGION ET DE LA PHILOSOPHIE.

Dans son traité sur le Religion et la philosophie, Ibn Rochd écrivait :

Je veux dire que la philosophie est la compagne de la religion et sa sœur de lait : le mal venant des hommes qui se réclament d'elle est donc le plus pénible des maux ; outre l'inimitié, la haine violente et les disputes qui s'élèvent entre elles, alors qu'elles sont compagnes par nature, amies par essence et par disposition innée.

il est obligatoire pour le croyant, de par la Loi divine, dont l'ordre de spéculer sur les êtres doit être obéi, de connaître, avant d'aborder la spéculation, les choses qui sont pour la spéculation comme les instruments pour le travail

Et Ibn Rochd va porter la première offensive contre les détracteurs de la philosophie. Le chef de file de ces derniers ayant vécu un siècle plus tôt et à l'autre extrémité du monde musulman, c'est à Al-Ghazali qu'Ibn Rochd va pourtant répondre.

L'ouvrage d'Al-Ghazali, le Tahafut al-Falasifa (incohérence des philosophes) est comme une référence pour la spiritualité musulmane.

Dans le Tahafut al-Tahafut (incohérence de l'incohérence) d’Ibn Rochd, l'ouvrage d'Al-Ghazali est critiqué point par point, les propos sont sanctionnés par une fatwa qui les caractérise comme «blâmables».

Ibn Rochd a toujours mis en avant le fait de comparer le monde où il vivait et la religion qu'il devait respecter pour être en accord avec l'importance de l'Islam durant son époque. Ibn Rochd va pouvoir donner à la philosophie, dans une fatwa, son caractère «obligatoire», comme le veut la Loi musulmane. Ne pas éclairer le Texte par une réflexion philosophique serait nuire à la foi du fidèle

Ibn Rochd refusera farouchement l'obscurantisme des fanatiques religieux et pensait que le théologien n’avait pas à gouverner ainsi ses griefs ont été toujours avec les Religieux qui voulaient le Pouvoir.

Selon lui l’islam à été confisqué par des théologiens politisés qui n’hésitent pas à recourir au fouet de la morale mais aussi à la violence extrême pour façonner le comportement des croyants.

Ibn Rochd dira que l’islam ainsi représenté, mal représenté s’est au fil des ans, déconsidéré, donnant cette image d’une religion pétrie de superstitions et d’archaïsmes.

 

 

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